AAPEL
Trouble de la personnalité borderline état limite.
Le proche ou "non-" est-il condamné à avoir systématiquement tort aux yeux de la personne qui souffre d'un trouble borderline ?

Introduction:

Il ne s'agit pas, encore une fois, "d'accuser" mais de "comprendre".
Nous savons faire la différence entre ce qui relève de la maladie, du pathologique et ce qui relèverait de la "nature" de la personne !
Personnellement, je n'irais pas accuser un paraplégique de ne pas courir avec son fils. Toute impossibilité qu'elle soit psychique ou physique demeure selon moi une impossibilité qui ne relève plus ("plu") du libre arbitre de l'instant (le "de l'instant" est important dans la phrase)

Le texte qui suit peut être très douloureux à lire, notamment, pour une personne qui souffre d'un trouble borderline et qui reconnait le coté "pathologique" de ses comportements.
Mais qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas condamnés à cela, que leur valeur n'est PAS fonction de ses/ces comportements et que l'on peut en sortir !

Si ce qui suit est votre réalité, en quoi la nier pourrait-il résoudre quoi que ce soit ?
Ces pages se veulent donc des pages d'espoir, l'espoir étant dans la possibilité de changer les choses.
Nous sommes ici pour "comprendre" et pas pour "juger" et encore moins "condamner" en ayant à l'espoir que chaque individu peut être amené à vivre plus ou moins différement ce qui suit.

Les rapports borderline<>proche, rapports borderline<>"non-"
La majorité, pour ne pas dire la totalité des "non-", vous diront qu'ils vivent dans l'angoisse de la future explosion...
Ils peuvent dire d'une certaine façon "je marche les yeux bandés sur un champs de mine, tout ce que j'ignore, c'est quand la prochaine va m'exploser à la gueule"

Revenons quelque temps en arrière.
Généralement quand le "borderline" rencontre le "non-", il fait des efforts pour se montrer sous son meilleur jour, séduisant,
tolérant, gentil, etc. (Ce qui EST SA nature profonde, en fait, même si vous pouviez en douter).

Le "borderline" a alors une forte tendance à jouer du caméléon. "Je vais non pas me comporter comme je le désire mais comme je pense que l'autre voudrait que je sois... dans une espèce d'idéal de contes de fée et ainsi je serais aimé(e)"
Bref durant cette période "tout il beau, tout il est merveilleux"...

Mais voila, avec le temps, l'habitude, la peur de l'abandon, les choses se compliquent sacrément...
Des colères que le "non-" trouve disproportionnées, des reproches qu'il ne comprend pas... Bref au fil du temps, le "non-" se trouve de plus en plus en situation "d'accusé" et de "coupable". Il se pose nombre de questions pour savoir s'il a autant de défauts que l'on veut bien lui en trouver ?!

Le proche, le "non-", cherche alors à s'améliorer, il est ainsi en quête de perfection.
"je vais faire attention à ne pas dire des choses qui pourraient le facher" "je vais eviter la moindre critique" "je vais faire en sorte que tout soit parfait", etc
Il se retrouve ainsi dans le rôle du "je me dois d'être parfait". (quand je dis dans une autre page que le trouble est "contagieux"... )

Peser chaque mot, chaque verbe, chaque adjectif et même chaque silence pour éviter la "décapitation symbolique". Parce que chaque "défaut" est signifié par le "borderline" comme une condamnation sans appel (sans aapel?)

Le "non-" a beau faire des efforts, il n'en demeure pas moins humain, il prend sur lui, renonce à être lui dans une certaine mesure, il n'exprime pas ou plus ses émotions (et encore une fois "contagion borderline") mais il y a bien sur des fois où "ça explose" ("re-contagion borderline")

Alors le "non-", dans ces moments la, éclate, il peut dire une phrase pouvant être blessante, voire même méchante.

Mais a t'il "l'autorisation" ?
Non c'est interdit et le "retour de balle" (la sanction) est généralement immédiat:
"Tu pourrais au moins tenir compte de mes souffrances, tu sais bien que j'ai des problèmes, tu n'as visiblement aucun respect pour ma personne, tu sais bien que ce n'est pas de ma faute, si tu m'aimais un peu, tu ne serais pas si cruel, etc"

Alors le "non-"se dit "c'est vrai, il ou elle a raison, je pourrais faire plus d'efforts, je n'aurais pas du dire ça, j'aurais du faire plus attention à ça, je n'ai pas tenu assez compte de ça... c'est sa maladie qui fait que..., c'est une gentille personne (ce qui est vrai), ..." et alors il tente une fois de plus de... "s'améliorer", et oui !

Mais parallelement à cela, plus le "non-" cherche à "s'améliorer" et plus "son borderline" le supporte de moins en moins. L'augmentation des critiques étant généralement proportionnel aux efforts faits pas le "non-".
Plus le "non-" fait d'efforts et plus (+) il a l'impression d'avoir des reproches !

Le "non-" ne comprend alors plus rien, il se dit "ce n'est pas possible, plus je fais des efforts et plus je me fais engueuler, je suis totalement perdu, je vais craquer"

Parallelement à cela le "non-" est généralement de plus en plus isolé... une partie de son entourage lui dit "tu es stupide qu'attends-tu pour fuir en courant" tandis qu'une autre partie de son entourage lui dit "tu exageres il ou elle a toutes les qualités du monde (le "borderline caméléon"), je te trouve pas très gentil de dire des choses pareilles sur lui ou sur elle"

Pourquoi le "borderline" supporte t'il de moins en moins son "non-" alors que de son coté, son proche se dit "mais il ou elle devrait être satisfait de mes efforts " ?

Il se trouve que plus le "non-" fait des efforts, et plus cette apparente "perfection" (forcée devrait-on dire) peut apparaitre pour le "borderline" comme la pire des insultes !

La personne souffrant d'un trouble borderline peut ainsi ne plus du tout voir dans le "non-", "les efforts qu'il fait par amour" mais y voir une forme de "Tu es un monstre, tu fais expres de me rabaisser en me montrant au combien toi tu es parfait !"
Cela vient grandement du fait que le "borderline", quand bien même il se comporte parfois de façon odieuse, quand bien même il jurerait devant la planète entière qu'il n'est pas en cause et que c'est la faute au "non-", au fond de lui, il sait que ce qu'il fait "c'est pas bien" et ressent une forme de honte et ou de culpabilité !

Quelles explications possibles ?
Sans doute que la principale explication repose sur  "le borderline se pense 'non aimable' " et qu'une personne si gentille en face de lui "ça cache quelque chose"...

L'hypothèse "il m'aime" n'est alors pas envisageable et "quand bien même il m'aimerait, c'est qu'il se trompe"!

Si l'on associe alors à cela, "la peur de l'abandon" alors vous comprendrez que, plus le "non-" est gentil, plus il cherche à rassurer, et plus cela peut amener comme conséquence de placer le "borderline" en état de panique !

Cela s'explique, en effet, il voit alors de plus en plus la "perfection du 'non-' " et se met à voir en même temps et de plus en plus ses propres défauts et c'est ainsi que le borderline peut parvenir à la conviction que "l'ineluctable va se produire, mon 'non-' va m'abandonner, c'est certain !"
Le "borderline" de rajouter:
"Mais s'il m'abandonne... c'est qu'il ne m'aime pas, donc ce n'est pas de l'amour qu'il me montre en ce moment, il a donc un objectif autre que mon bonheur"
"Plus il me montre sa pseudo perfection et plus il me rabaisse, ce n'est aimer ça, c'est donc une preuve de plus qu'il ne m'aime pas"
"Mon proche, 'non-borderline', est donc un monstre, c'est une évidence !" ... "comment puis je rester avec un monstre, ce n'est pas possible, soyons logique" et ainsi ...
"Welcome mister clivage" !

Alors quand le "non-", au milieu de tout ceci, tente la discussion, tente de dire "sa vision des choses", il n'est pas rare qu'il se fasse traiter de "parano" avec des "tu vois des complots partout, tu te fais des films dans ta tete, etc", bref à nouveau en situation de "coupable"
Bref, une spirale infernale...

Conlusion de tout ceci ?
Voici ce que pourraient être les commandements du proche, du 'non-' pour "la vie harmonieuse" avec un "borderline" qui est dans le déni ou sans traitement actif (ni guéri ou sur le chemin de la guérison bien sur):
  • "Tu te dois d'être parfait sinon tu lui fait du mal"
  • "Mais tu te dois de ne pas le montrer sinon tu lui fais du mal"
  • "Tu te dois de ne pas traiter ton ou ta 'borderline' en malade sinon c'est que tu ne le respectes pas"
  • "Mais tu te dois de l'autoriser à se comporter en malade sinon c'est que tu ignores sa souffrance"
  • "Mais tu te dois de lui interdire de se comporter en malade sinon c'est que tu n'en as rien à faire de sa vie et que tu l'autorises à mal se conduire"
  • "Tu te dois de lui montrer que tu l'aimes"
  • "Mais tu te dois de le lui cacher parce que ton 'borderline' ne peut pas le croire"
  • "Tu te dois donc de lui fixer des limites sinon c'est que tu ne l'aimes pas"
  • "Mais tu te dois de ne pas les appliquer sinon tu perds ton "borderline" qui va se retrouver seul(e)" (clivage)
  • "Tu te dois de le quitter pour survivre"
  • "Mais tu te dois de rester parce que tu l'aimes et que ce serait dégueulasse d'abandonner une personne que tu dis aimer et que tu sais en souffrance"


  • Pas super génial comme scénario n'est ce pas ? Ne serait-il pas un peu "trop" vrai ?

    PS: Bien entendu la seule voie possible est selon moi celle du traitement adapté et c'est pour cela que l'aapel existe, pour que les personnes qui souffrent de cette pathologie puissent se reconnaitre dans ce trouble et pour qu'elles puissent réellement accéder à des soins de qualité !
    Il n'y a bien sur, comme je le disais en introduction, aucun jugement de valeur dans ces propos.
    Ne pas confondre le trouble et la personne qui en souffre... voir émophane

    Vous pensez reconnaitre une personne qui vous est proche dans les traits d'un trouble borderline ?
    Comment lui dire ?
    Voir pages
    Campagne de dénigrement
    Les Contradictions des borderline
    Insupportables ces borderline !
    Le trouble borderline est-il "contagieux"?
    Mensonges des "non-"
    Le borderline a de la chance
    Mais aussi
    Guérison
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    Dernière mise à jour  2009 j .
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    définition  clivage