Trouble de la
personnalité borderline etat limite A t'on le droit
de ne serait-ce que poser la question de la formation, donc de la compétence
des psy en France ? Les psy sont-ils
formés et compétents sur le trouble de la personnalité
borderline en France ?
Préambule:
La
France est une république et pourtant j'ai le sentiment que le fait
de poser la question de la formation ou plutôt de la compétence
des "psy" relève à la base du crime de lèse-majesté
!
"De
quel droit osez-vous supposer que des professionnels hautement diplômés...
et respectables, pourraient potentiellement être non compétents
car non ou mal formés sur une pathologie" ?
Puis...
"Mais
les psy vous ont fait quoi ?"
Je
précise que ce texte ne dit absolument pas "Tous les psys sont mal
formés ou tous les psys sont incompétents dans le domaine
du trouble borderline".
Non,
absolument pas, ce texte montre de façon indiscutable, que, globalement,
ils ne peuvent pas être compétents sur ce domaine,
tout simplement parce qu'ils n'ont pas été formés
ou qu'ils n'ont pas étudié le trouble de la personnalité
borderline.
Bien
entendu, il existe de très nombreux professionnels de santé
qui sont formés et compétents sur le trouble borderline...
mais ils ne peuvent qu'être minoritaires (sinon la démonstration
précédente n'a plus lieu d'être).
«
Recommandations d’organisation et de fonctionnement de l’offre de soins
en psychiatrie pour répondre aux besoins en santé mentale
» mars2OO2 (Ministère
de la santé, DIRECTION DE L’HOSPITALISATION ET DE L’ORGANISATION
DES SOINS)
"Dans
la formation des psychiatres, la formation pratique reste majoritairement
réalisée auprès de malades hospitalisés. Un
décalage croissant entre l’enseignement et la recherche et la réalité
de l’exercice médical est constaté."
Du
pourquoi de la question de la formation et compétence des "psy"
en France.
C'est
assez simple...
Si
l'on part de l'hypothèse que les psy (psychiatres, psychologues,
psychothérapeutes, psychanalystes, etc...) sont "globalement"
(majoritairement)
formés, qu'ils ont étudié et qu'ils sont donc "compétents"
dans le domaine du trouble de la personnalité borderline (état
limite)... alors le discours de l'Aapel se trouve de fait disqualifié.
En effet, les patients sont alors (globalement)
diagnostiqués,
sont (globalement) traités de façon adéquate...
et "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes (possibles)".
De
nombreuses personnes refusent de fait l'hypothèse d'une non-formation,
d'une non connaissance, engendrant une non-compétence qui pourrait
être "courante" et loin d'être exceptionnelle.
Pourquoi
ces personnes refusent-elles l'hypothèse ? Sans doute parce que
cela remettrait en cause beaucoup "trop" de choses en fonction de la réponse.
Mais
disons que la question peut être posée... à condition
que la réponse soit celle qu'ils pourraient désirer entendre.
De
la nécessité de disposer de l'information sur la formation,
connaissances et compétence
(ou non) des psy.
Nous
avons plus que régulièrement des personnes qui se reconnaissent
dans la description du trouble de la personnalité borderline tel
qu'il est décrit sur le site (relais des études publiées)
ET qui en parlent alors à leur psy qui leur rétorque...
"Je
ne reconnais pas ce trouble, l'état limite est un "fourre tout".
Votre état relève de la névrose et en aucun cas de
la psychose" ou "vous n'êtes pas fou (folle)"
ou "Ce qui compte, c'est le traitement et la thérapie que nous faisons
ensemble, un diagnostic ne vous apporterait rien de plus"
Ce
qu'ils en disent - Le problème semble, à la base, un problème
qui ne touche pas que la France
Citation
de L'association
américaine de psychiatrie (APA) : "Le trouble de la personnalité
borderline est le trouble de la personnalité le plus répandu
en clinique et est présent dans de nombreuses cultures de par le
monde. Et pourtant, ce trouble est souvent incorrectement diagnostiqué
ou sous-diagnostiqué dans la pratique clinique"
Citation
du BPDCentral.com,Q:
"Mon thérapeute ne semble pas s'y connaître beaucoup sur le
trouble"...R: "Votre thérapeute est très caractéristique.
Si vous lisez tout le site du BpdCentral, vous en saurez probablement plus
sur le trouble que le thérapeute lambda"
Citation
du Tara APD "Le
trouble de la personnalité limite peut être parmi les troubles
mentaux les plus stigmatisés.
Il est souvent non diagnostiqué, mal diagnostiqué, ou traité
de façon inadéquate... Les médecins et la communauté
psychiatrique minimisent continuellement le trouble borderline ou considèrent
ces patients comme non-traitables, refusant souvent de les traiter. Le
public est en général pas au courant du trouble...
Les familles de personnes souffrant de trouble borderline ne reçoivent
pas ou peu d'aide pour comprendre le trouble ou pour "gérer les
échanges" avec leur aimé souffrant de ce trouble" (tous
droits réservés)
Citation
de Mme Firouzeh Mehran, psychologue et auteur du livre "Traitement du
trouble de la personnalité borderline. Thérapie cognitive
émotionnelle" aux éditions Masson: "Souvent,
soit les praticiens ont du mal à diagnostiquer ce trouble, soit
ils font une erreur de diagnostic. Et étant donné que le
nombre de ces patients borderline est très élevé (...),
le problème du diagnostic adapté devient primordial" (c)
F. Mehran.
Cela
ne prouve strictement en rien qu'il y a le même type de problème
en France mais souligne qu'il existe bien
des problèmes de formation / compétence dans certains pays
et rend de fait légitime et nécessaire de se poser
la même question pour la France et tous les pays francophones.
"Peut-être
que les psy donnent un autre nom au trouble de la personnalité borderline
et cela pourrait être une explication à votre hypothèse"
Non,
le trouble de la personnalité borderline se nomme généralement
"état limite" en France et ce n'est donc pas le problème.
Croyez-vous
que si la psychiatrie française appelait le trouble de la personnalité
borderline, "syndrome de vie gâchée", nous n'utiliserions
pas ce terme ?
Si
l'on ne donne pas les même noms aux maladies, cela empêche
alors l'émergence d'études au niveau international
Partons
de l'hypothèse que les psy sont globalement formés, qu'ils
ont étudié et qu'ils sont compétents dans le
domaine du trouble de la personnalité borderline (état limite)
et voyons si cette hypothèse "tient la route".
Le
trouble borderline est un trouble mental étudié et finalisé
dans ses critères diagnostiques depuis environ 20 ans(même
si l'on en parle en gros depuis les années 1950). Ces informations
sont totalement indiscutables pour un humain avec un minimum d'honnêteté
intellectuelle. Il suffit de se référer aux milliers d'études
scientifiques publiées sur le sujet. Le nier reviendrait à
nier plus de 4000 études internationales
incontestées publiées ces 20 dernières années.
Le trouble
touche environ 2% de la population
générale(plus à priori mais bon).
Pour être "gentil" je vais dire que le
trouble touche 1% de la populationafin
d'éviter toute discussion sur le
sujet. On pourrait me rétorquer qu'en France, nous avons peut-être
la chance de ne pas avoir ce type de pathologies mais ce serait quand même
"bizarre" quand on sait que de nombreuses études ont montré
que le trouble touchait de la même façon des populations de
différents pays ou ethnies... Je connais des études aux USA,
au Japon, en Angleterre, en Allemagne, Italie...etc. (que les autres
pays me pardonnent) ainsi que quelques rares études statistiques
en France sur des populations étudiantes. On parle par exemple de
1,5 millions de personnes souffrant d'état limite en Allemagne.
Supposer que la France pourrait échapper à cette situation
qui touche tous les autres pays (riches) serait du domaine du "délire".
Si les
psys sont formés et compétents, alors ils vérifient
si
leurs patients répondent aux critères diagnostiques
des troubles mentaux connus et étudiés, ...de
TOUS les troubles mentaux. La communauté
scientifique ne va pas "s'amuser" à "créer" un trouble, lui
trouver des critères diagnostiques, faire des milliers de recherches
pendant plus de 20ans, adapter des traitements, maintenir sa présence
et définition dans des versions successives des manuels diagnostiques
DSM,
si c'est pour ne pas s'en servir !
(gardons une fois encore un
minimum de logique)
Donc si
les
psys sont formés et compétents
dans le domaine du trouble borderline (hypothèse de départ),
ils
vont donc diagnostiquer leurs patients
qui relevent d'un trouble borderline COMME SOUFFRANT D'un trouble borderline
(et
des troubles connexes bien sur).
Quand
bien même ils ne disent pas que leur patient "a" un état limite,
ils vont au moins dire "votre problème relève en partie d'un
état limite".
Rappelons
que 100% des médecins (psychiatres ou pas), ont obligation
légale et déontologique
de faire un diagnostic à leurs patients.
Rappelons
que 100% des médecins (psychiatres ou pas), ont obligation
de faire le diagnostic le plus adéquat. (En clair si un patient
"borderline" fait une dépression du fait d'un trouble de la personnalité
borderline, il est du devoir de son psy de lui faire un diagnostic de trouble
de la personnalité borderline ET dépression... il ne peut
ni ne doit ignorer le diagnostic d'état limite) Rappelons
que l'évolution des mentalités et du respect du patient visent
à faire du patient un partenaire actif et l'intégrer dans
toutes les décisions qui le concerne.
Bref
le sujet du diagnostic n'est pas discutable... Comment
imaginer donner le "bon" traitement à une personne sans le "BON"
diagnostic, cela est IMPOSSIBLE et non éthique ! Comment
se servir des résultats des milliers d'études faites pour
UN trouble si l'on ne diagnostique pas son patient avec CE trouble ?
Une
fois encore, si le diagnostic était sans intérêt, on
se demanderait bien pourquoi des dizaines de milliers d'études ont
été faites sur la base du DSM.
(Bref
ce point n'est pas discutable pour peu que l'on ait un minimum de bonne
foi et de logique. Le nier, c'est nier l'existence du trouble de la personnalité
borderline, et retour à la case départ.) Et
puis si l'on diagnostique des dépressions,
des phobies sociales, des schizophrénies,
des "névroses", etc...,
pouvez-vous me dire pourquoi l'on ne diagnostiquerait pas des troubles
borderline, là encore, gardons un minimum de logique. (qu'il
soit ou non dans l'axe 2
ne changeant strictement rien à l'affaire)
Toujours
sur le même sujet, si les psy sont formés, qu'ils ont étudié
et qu'ils sont compétents, alors ils vont globalement dire aux patients
concernés qu'ils relèvent d'un trouble de la personnalité
borderline (état limite).
1%
de patients, 60 millions d'habitants en France, cela fait 600 000 personnes
qui se trouvent alors de fait au courant (chiffre indiscutable car j'ai
retenu 1%), et, en tenant compte des proches, je vais dire un minimum
de 1 million de personnes directement concernées par l'état
limite en France. (ce chiffre de 1
million étant alors largement sous évalué)
Maintenant,
expliquez-moi: Alors qu'un million de personnes se sentiraient directement
concernées par un trouble, trouble grave par son taux de suicide
(encore
une chose incontestable les études étant du même avis).
Pourquoi(à
la date à laquelle ce texte est écrit ou réactualisé),
si
on va dans la rue et que l'on interroge les Français sur le trouble
de la personnalité borderline, les Français n'ont aucune
idée de ce que c'est (on pourrait probablement remplacer
"français" par "francophones").
Si
les psy sont globalement formés et compétents alors les Français
ne peuvent pas ne pas avoir entendu parler d'une pathologie qui
concerne plus d'un million d'entres eux (certains pourraient, avec une
certaine mauvaise foi, me dire alors "comment tu le sais" car effectivement
je n'ai pas pu interroger tous les Français... je poursuis donc)
Toujours
si les psy sont formés, qu'ils ont étudié et qu'ils
sont compétents sur le trouble de la personnalité borderline,
alors 1 minimum de 1 million de personnes en France sont directement concernées
par l'état limite. Comment expliquer
alors que les médias n'en aient "rien à faire" et n'en parlent
pas alors qu'ils parlent même de maladies orphelines,(1
cas sur 100 000) Comment expliquer que moi Alain Tortosa, président
de l'Aapel, c'est à dire, "rien du tout" (je me flatte),
ait semble t'il parlé en premier du trouble borderline au "journal
de la santé" de France 5 ainsi qu'à l'émission "ça
se discute" sur France 2, etc. Bizarre, non ?
Si les
psys sont formés, qu'ils ont étudié et sont compétents,
alors comment expliquer que ce million
de personnes concernées n'aient pas crées des dizaines d'associations
en France sur ce sujet ? Et ce alors que
l'on crée des associations sur tout et n'importe quoi ? Comment
se fait-ce que, sauf erreur de ma part, l'aapel soit la première
association française (et une des seules rares associations francophones)
à ce sujet ?
Si les
psys sont formés et compétents, alors comment
expliquer que ce million de personnes n'ait crée aucun site internet
en France sur l'état limite alors
que l'on trouve des sites sur tous les autres troubles psy ? (Avant
l'aapel, il y a avait en gros un site au Québec, un autre en Belgique,
et deux ou trois textes de spécialistes psychanalystes français).
A
noter que les internautes semblent très concernés par ce
domaine, le site de l'AAPEL avait 39 visites par jour en moyenne en décembre
2OO2 et le mois de novembre 2007 s'est terminé avec une moyenne
de 1979 visites par jour !"Bon
soit, vous avez un argumentaire solide qui prouve de façon 'expérimentale'
que les psy ne parlent pas à leurs patients de leur trouble borderline
mais cela ne prouve en rien leur éventuelle incompétence
sur la pathologie, ils peuvent très bien diagnostiquer leurs patients
sans leur en parler ?"Bien,
partons donc de cette hypothèse qu'il me semble important de vérifier.
C'est
quand même "bizarre" de ne pas parler de son diagnostic à
son patient alors que sa déontologie
l'oblige
C'est
quand même "bizarre" qu'il y en ait autant qui ne parlent pas à
leur patient, au point que nous sommes dans la situation décrite
précédemment
De plus,
si les psy qui les ont diagnostiqués sans leur dire, sont formés,
qu'ils ont étudié le trouble et sont compétents, ils
savent alors que leurs patients peuvent guérir. Le sujet de la guérison
n'est en théorie pas discutable, il existe de nombreuses études
qui prouvent que l'on peut guérir d'un état limite. Pouvez-vous
m'expliquer quelles seraient les motivations pour les psy formés
et compétents de ne pas dire à leurs patients qu'ils souffrent
d'une pathologie dont on peut guérir ?(25,8%
de guérison par année de traitement)
Pouvez-vous
m'expliquer pourquoi de nombreux patients sont diagnostiqués avec
par exemples des maniaco-dépressions,
des schizophrénies et ce au point que les Français, les médias
connaissent plus ou moins ces troubles, qu'il existe des associations et
des dizaines de sites mais par contre pas les "borderline".
Troubles pour lesquels la notion de "guérison" est loin d'être
aussi évidente que pour l'état limite. De plus, les Français
connaîtraient ces pathologies mais pas l'état limite alors
même qu'il y a plus (+) de troubles borderline que la somme
des troubles maniaco-dépressifs et schizophrénie réunis
(là
encore, il suffit de se référer aux études sur le
sujet)
"Ok,
les psys Français, dans leur globalité statistique, ne diagnostiquent
donc pas un trouble borderline chez leurs patients, mais cela ne prouve
en rien leur éventuelle incompétence, ils peuvent très
bien avoir saisi la problématique de leurs patients sans mettre
une étiquette dessus ?"
Et
comment un tel "miracle" serait-il possible ?
Nous sommes
face à une population de personnes qui répondent à
des critères diagnostiques précis tels que définis
dans le DSM IV depuis plus de 20 ans. Critères
qui permettent de diagnostiquer de façon positive un trouble
borderline(et non le "ni" "ni" historique de la psychanalyse
"ni névrotique, ni psychotique")
Comment
un psy qui ignorerait (volontairement ou non) des milliers d'études
qui concernent SON patient pourrait alors lui fournir un traitement adapté
et efficace ? (on
ne peut pas tenir compte d'études pour son patient sans l'avoir
diagnostiqué auparavant)
Comment
ces psys la pourraient-ils être tout aussi formés et compétents
que ceux qui tiennent compte de ces études ? Je me demande bien
comment...
A
noter que de nombreuses études ont montré qu'un traitement
"standard" était inefficace, voire "dangereux", de même que
certaines molécules étaient déconseillées.
Evidences
déduites
Les psys
Français, dans leur globalité statistique, ne disent pas
à leurs patients borderline qu'ils souffrent d'un trouble borderline
Les psys
Français, dans leur globalité statistique, ne diagnostiquent
pas (ou peu) leurs patients borderline avec un trouble borderline
.
Si
vous pensez que c'est faux, démontrez-moi alors que l'argumentaire
précédent n'est pas recevable !
Alors,
à moins de prêter des intentions perverses aux psys, je ne
vois pas comment cela pourrait s'expliquer autrement que par un problème
de formation; de "non-étude" du trouble.
Comment
une telle situation, dramatique dans les faits, a t'elle pu s'installer
en France ?Je
pense que c'est parce que l'on a fait croire aux psys qu'ils étaient
formés, donc compétents dans le domaine de l'état
limite.
Soyons
logique, si on parlait à un psy d'un trouble qu'il ne connaît
pas, il est évident qu'il chercherait à en apprendre plus
sur ce trouble et qu'il se formerait (quand même... hein?) Donc
c'est bien que les psys, dans leur globalité
statistique, croient, pensent connaître le trouble de la personnalité
borderline alors que cela ne peut pas être le cas.Mais
alors pour eux, un trouble de la personnalité borderline c'est quoi
?
Encore une fois
je ne parle pas de TOUS les psys, ne me faites pas dire ce que je n'ai
pas dit !
Il est évident qu'une
majorité de psys Français en sont restés à
la nosologie psychanalytique
découpée en névrose, psychose et à part, les
pervers. Cette vision n'est plus adaptée à la psychiatrie
moderne.
Et l'état limite
dans tout ça ? Et bien c'est simple, l'état
limite est entre la névrose et la psychose. Une personne
souffrant d'état limite étant selon cette définition
à la limite entre les deux... plus (+) que névrosée
et mais pas vraiment psychotique.
C'est ce qui permet à
certains d'entre eux de considérer l'état limite comme un
diagnostic poubelle, un "fourre tout"... et c'est logique, du moment où
l'on définit un trouble de façon négative en "ni,
ni" (ni névrosé, ni psychotique)
Les
psys Français, dans leur globalité statistique, pourraient
alors très bien diagnostiquer leurs patients avec un état
limite selon LEUR définition et ainsi votre démonstration
précédente sur "les français informés", etc,
tomberait à l'eau !
Cette hypothèse
ne peut pas se révéler exact et ce parce que:
D'une part, je ne connais absolument
pas la prévalence d'états limites selon les critères
diagnostics "entre névrose et psychose" et je ne peux donc pas savoir
combien de français seraient censés savoir.
D'autre part, de nombreux spécialistes
formés ainsi (à l'ancienne), refusent de reconnaître
un trouble qu'ils voient alors comme un diagnostic "poubelle".
Et enfin, toujours de par leur
formation, on leur a appris que l'on ne pouvait pas guérir
une personne d'un état limite, ce qui fait que nombreux hésitent
à poser un diagnostic d'état limite et encore moins à
le dire à leurs patients (faire l'autruche).
Au final, quand bien même,
ils diagnostiqueraient des états limites selon leur ancienne définition,
il n'en demeure pas moins que les personnes souffrant d'un trouble de la
personnalité borderline (état limite) selon les critères
de la communauté internationale demeureraient non diagnostiquées
On
peut quand même continuer à affirmer qu'ils sont formés
et compétents du moment où ils connaissent bien l'état
limite sur leur définition, non ?
Le dire, oui, mais
le croire ?
La définition névrose
/ psychose de l'état limite n'a plus court depuis plus de 20 ans
auprès de la communauté internationale. Depuis ce temps là,
des milliers d'études ont été faites et qui ne se
basent plus (plu) sur ces anciennes définitions. Un psy qui
reste sur ces définitions historiques qui ne répondent plus
aux exigences de la psychiatrie moderne peut-il être considéré
comme "formé et compétent" ?
On pourrait alors me rétorquer
que de nombreux psy continuent à en apprendre sur l'état
limite, à l'étudier "à leur manière"... Je
ne doute pas que ce soit le cas mais il n'en demeure pas moins qu'ils se
privent quand même de ces milliers d'études en restant dans
leur "camp retranché"
C'est
comme si vous alliez consulter un médecin quelconque et qui vous
dirait "moi je suis fier d'ignorer les études faites sur ma spécialité
par la communauté internationale des 20 dernières années" Quand bien même vous
trouveriez cette phrase extra-ordinaire, elle n'est pas très éloignée
des affirmations du président de l'Association
Française de Psychiatrie (AFP) qui déclarait
encore en décembre 2OO2, "..des classifications
qui, bien que faisant consensus international, ne sont pas pour autant
des références scientifiques à retenir pour notre
pratique", en clair que "le DSM qui a donné lieu à
des dizaines de milliers d'études scientifiques internationales
ne rentrera pas en France !" (voir site pubmed.com pour s'en convaincre)
Soyons un peu intellectuellement
"raisonnable", la notion de formation, de connaissances et de compétence
ne peut s'affirmer qu'en accord avec l'état actuel des connaissances
en la matière et l'état actuel des connaissances ne peut
pas
se priver de dizaines de milliers d'études. Le code
de déontologie des médecins précise bien cette
obligation
de réactualisation des connaissances
Vous
êtes un anti-psychanalyste !
Je
n'ai pas à être "pro" ou "anti". Il se trouve que la communauté
internationale s'est éloignée de cette vision (névrose,
psychose) pour classifier et étudier les troubles mentaux. C'est
une réalité de fait que l'on ne peut pas ignorer.
Il
est évident que la psychanalyse a apporté à la compréhension
de la psyché humaine et qu'il est probable qu'il ne pourrait pas
y avoir eu de psychiatrie moderne sans cet apport historique de la psychanalyse.
Il ne s'agit pas pour moi de nier le passé mais de ne pas rester
"figé" sur ce passé.
Des
psychanalystes comme Kernberg ont très vite touché du doigt
les limites de la psychanalyse et ont dévéloppé des
théories sur la construction de la personnalité et des thérapies
adaptées à la pathologie borderline sur le constat de l'échec
d'une "simple" psychanalyse.
Si
j'étais "anti-psychanalyste", pouvez-vous me dire pourquoi je parle
sur ce site de l'AAPEL de notions psychanalytiques comme le "clivage"
ou que je parle des thérapies
analytiques mais aussi que notre annuaire de spécialistes comporte
de nombreux psychanalystes (qui pratiquent des thérapies dérivées
de la psychanalyse) ?
Evidences
déduites
Les psys
français, dans leur globalité statistique, ne sont donc pas
formés à l'état limite tel que le trouble est défini
à l'échelon international depuis plus de 20 ans. Comment
pourraient-ils alors être "compétents" sur une pathologie
qu'ils ne connaissent
pas sur ces / ses définitions actuelles.
Ils "croient"
savoir et ce alors que leurs connaissances ne sont plus d'actualité.
De ce
fait il leur est impossible de diagnostiquer les patients qui répondent
aux critères DSM d'un trouble borderline.
De ce
fait il leur est impossible de traiter les patients avec des traitements
appropriés à leur trouble.
De ce
fait il leur est impossible de guérir / soulager (aussi vite)
les patients si ces patients avaient bénéficiés des
progrès de la médecine.
De ce
fait ces psys pensent qu'un état limite ne peut pas guérir.
De ce
fait les patients ne savent pas qu'ils souffrent d'état limite ou
trouble borderline car les psys préfèrent éviter un
tel diagnostic.
De ce
fait les patients ne peuvent pas se battre contre un ennemi qu'ils ignorent.
De ce
fait les patients se mettent à croire qu'ils manquent de volonté
ou que leurs problèmes sont insolubles.
De ce
fait les patients pensent que leur psy ne les comprend pas.
De ce
fait les médias et les Français ignorent l'existence de cette
pathologie que les patients concernés ignorent.
De ce
fait on tente de disqualifier le discours de l'AAPEL alors qu'il est le
"simple" reflet de la communauté internationale, notamment en faisant
croire que nous aurions des pratiques sectaires...
Quand
on ne peut pas "attaquer" le fond, on se met à "attaquer" l'homme.
Encore
aujourd'hui, en 2007 et dans certaines universités françaises
: -
Des psy sont formés sur l'état limite en basant le diagnostic
uniquement sur la limite névrose / psychose ! -
Des psy sont formés sur une base autre que le DSM ! (une
fois encore, je ne suis pas en train de dire "tous" les psy, encore heureux,
mais de parler d'une majorité statistique indéniable)
Données,
études
Krawitz
R.,
Aust
N Z J Psychiatry. 2OO4 Jul, "Borderline
personality disorder: changement d'attitude des cliniciens apres formation" "Objectif
: Evaluer l'effet d'une formation de deux jours sur les attitudes des cliniciens
en charge de personnes atteintes du trouble de la personnalité borderline.
Le but principal de cette formation était d'obtenir un changement
positif dans l'attitude des cliniciens qui traitent les personnes avec
un trouble borderline dans les institutions publiques. L'hypothèse
soutenant l'intervention était que la formation des cliniciens sur
les concepts actuels, le diagnostic, l'étiologie, le pronostic et
le traitement du TPL, en combinaison avec une discussion détaillée
sur les principes du traitement dans le cadre public entraînerait
un changement d'attitude positif.
Conclusions
: La formation brève décrite
a été efficace pour obtenir un changement d'attitude positif
chez les cliniciens en charge de patients avec un TPL. Ces
recherches démontrent qu'il est possible, par une formation brève,
d'assister le "positivisme" du clinicien et d'obtenir un changement de
son attitude. Les implications de ces
recherchent pourraient inclure de futures interventions de formation dans
le champ de la santé mentale..."
.
Ouvrages
sur le trouble
.
.
Mise en garde: Toutes les informations
présentes sur ce site sont dans le but d'aider à comprendre
une maladie pour le moins "particulière"
et déroutante Mais aussi et
surtout à soutenir les personnes qui souffrent, malades ou pas.
En tous les cas, il est INDISPENSABLE
d'avoir recours à un médecin
psychiatre et ou psychothérapeute spécialiste
de la maladie pour confirmer ou infirmer
un diagnostic Quoiqu'il en
soit le nom d'une maladie importe peu, ce qui compte, c'est d'appliquer
le "bon" traitement à chaque malade .
.
Dernière mise à jour avril 2008 Copyright
fédération AAPELTM
- Tous droits réservés
Auteur
Alain Tortosa, psychothérapeute, président fondateur de l'aapel
Association
loi 1901 à but non lucratif
Trouble de la personnalité
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definition, borderlines Compétence des psys. Erreur de diagnostic psychiatrique